Programmez !

Programmez ! francois tonic

Programmez ! C’est le nom de ce fabuleux magazine qui m’a tant fait rêver et m’a tant apporté. Comment ne pas être ému quand je repense à toutes ces heures de découvertes, à feuilleter les pages du monde de demain, accompagné par François Tonic, le rédacteur en chef de “Programmez !” depuis bientôt 20 ans…

(Retrouvez la vidéo complète de l’interview en bas de l’article)

Ma maison de la presse

Programmez ! maison de la presse

Il est 13h57, je guette le rideau métallique de la maison de la presse à travers la vitrine du bar où je bois mon café. Je suis au comptoir, assis confortablement sur une chaise haute, assez proche de la machine à café et de la marche haute qui mène derrière le bar. Elle craque légèrement à chaque passage, usée par les années de traverse. Elle peut en raconter des histoires, témoigner des années de convivialité, des moments de partage et de rigolades qui ont animé ce lieu si authentique, si particulier, si familier, celui de mon enfance.

J’entends la discussion des habitués près de la pression, derrière moi des lycéens ont sorti les cartes et commandé des “cocas” pour passer un moment ensemble, leur prof est absent. Cet après midi ils commencent plus tard. Le billard un peu plus loin, un peu plus tard, sera leur terrain de jeu et de parade pour impressionner les filles, maquillées de leur plus belle lumière.

J’ai hâte !

Il règne une ambiance conviviale, chaleureuse, de celles qui font passer des après-midi de détente au rythme des clients et du marc à café tombant dans le tiroir. Il en sort une fumée chaude empreinte de saveurs lointaines qui vous invite au voyage.

Programmez ! Photo by Sen Sathyamony on Unsplash

La porte s’ouvre, une poussette sort. À son bord, un bébé guette le passage des voitures sur cette route qui sépare le bar de la maison de la presse, encore 3 minutes et le rideau sur la rue se lèvera. J’ai hâte !

Chaque mois j’attendais cet instant avec impatience, ce moment au chaud, assis à table pressé de feuilleter le futur, de comprendre par déduction les concepts que je ne maîtrisais pas encore, mais que je voulais pratiquer au quotidien, dans un futur métier, peut être celui d’architecte logiciel ?

Madeleine de Proust

Je vois une publicité de Microsoft où deux trentenaires échangent dans un bureau d’immeuble. La vue par la fenêtre nous laisse deviner la hauteur de ce building, sûrement situé à Redmond, ou peut-être dans un autre pays. Ils sont habillés avec des pantalons de costume mais portent des polos décontractés. L’un dessine sur un tableau blanc des schémas de conception logiciel, il y a plusieurs formes, ce doit être une application stratégique. Je m’imagine participer à cette réunion, j’ai tellement envie d’apprendre. Moi aussi un jour je serai développeur.

Programmez ! Photo by Alisa Anton on Unsplash

Je bois une dernière tasse de café, referme “Programmez!”, et pense au prochain programme que je vais créer sur mon Pentium 90, avec 16 Mo de ram. Je viens d’avoir VB6 (non officiel) et je brûle d’envie de taper ces lignes de code qui vont me permettre de créer mon logiciel d’aéromodélisme, d’imprimer ces profils d’aile à la bonne échelle avec mon application, afin de pouvoir construire ce planeur radiocommandé. Je suis heureux.

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Programmez ! De l’émotion, un honneur et une fierté.

Vous l’avez compris, c’est un moment particulier pour moi, celui de pouvoir vous inviter à partager l’interview de François, le rédacteur en chef de Programmez !. Je suis ému, honoré et à la fois très fier de pouvoir vous présenter son travail, son parcours et le futur du magazine. Il m’a tant apporté que je suis convaincu qu’il vous fera vous aussi grandir, avec le plaisir d’apprendre, de progresser. Il laisse entrer la lumière sur des concepts qui semblent obscurs, mais petit à petit les possibilités apparaissent, la créativité prend place et le plaisir de réussir devient une réalité.

Programmez

François avait 10 ans en 1983 quand il a débuté la programmation sur une calculatrice Casio PB 100 (qui fonctionne encore aujourd’hui).

Ses premières armes il les fait sur un Atari 520 ST avec un copain. Ils sont encore au collège mais développe déjà un jeu casse brique labyrinthe en GFA BASIC

Se succèdent ensuite le VB3, des bases de données 4D et FoxPro… entre autres 🙂

L’évolution du monde des Makers et la mise à disposition du plus grand nombre que sont les formidables plateformes Arduino et Raspberry PI ont incité François à s’essayer au micro python et au langage C.

La passion au cœur, l’amour du code

Pour savoir comment et pourquoi on est arrivé à l’informatique d’aujourd’hui, il faut comprendre ce qu’il s’est passé avant.

Technosaures, c’est le nom du magazine qu’écrit François, la passion chevillée au clavier et l’envie d’expliquer les fondamentaux, les évolutions des systèmes, pas uniquement les systèmes d’exploitation. Le matériel, son histoire et son industrie sont des prérequis essentiels à un développeur professionnel pour comprendre le monde d’aujourd’hui et anticiper le monde de demain.

Est-il professionnel de laisser un politique exercer sa profession et engager la France dans des échanges internationaux de premier ordre, sans avoir suivi de cours d’histoire ?

Il y a deux avantages à apprendre et comprendre l’histoire :

  • Ne pas reproduire les erreurs du passé
  • Ne pas réinventer la roue

Dans ces ouvrages, François nous parle de plus de 80 systèmes, de 1956 à 2007, comment ils sont nés, le contexte, les succès, les flops. Ils sont accessibles dans la boutique de Programmez, section Livres et auprès de François directement quand les salons auront ouvert à nouveau.

Le partage d’une passion au bénéfice de tous, qui offre une culture générale aux développeurs (jeunes ou moins jeunes), c’est aussi ça Technosaures.

Un développeur doit avoir une culture générale de l’informatique et de la technologie en général, cela fait partie de sa formation, ce n’est pas dissociable […] si on ne sait pas comment fonctionne le matériel, je trouve qu’il manque un élément important.

Raspberry PI, Arduino, Programmez !

Quel bonheur de partager cette passion et cette curiosité insatiable quand vient le moment d’aborder le sujet des plateformes Raspberry PI et Arduino avec François

Évidemment ! C’est la bidouille que moi je voyais encore dans les années 90 […] je me souviens encore des magasins d’électronique que j’avais à quelques minutes de chez moi en voiture, rien que pour le plaisir de voir des composants, je rentrais dans le magasin. C’est vrai que ça, ça m’a manqué !

raspberry - Photo by Harrison Broadbent on Unsplash

Loin du HTML, CSS, JavaScript il existe d’autres mondes, les bus I2C, l’IoT, le pilotage de relais à l’aide de masques binaire où les bits sont écrits sur le port de sortie, où l’on descend dans le matériel, loin du cloud, du front et proche de l’essentiel, aussi proche du transistor que l’étaient nos grands-parents, après-guerre (oui je sais, il fallait aller la chercher loin celle-là, mais j’étais inspiré, je me suis fait plaisir 😉 ).

À vous de découvrir ces espaces invisibles, d’expérimenter, de tester, de “bidouiller”, car ce n’est pas dans les garages de la Silicon Valley que sont nées les plus grandes entreprise qui dominent le monde aujourd’hui, mais bien dans l’esprit de leur créateur, de leur inventeurs.

La créativité c’est l’intelligence qui s’amuse

Albert Einstein

N’ayez pas peur de créer et de faire vos propres erreurs, vous n’avez qu’un seul risque, celui de réussir.

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Le futur des langages de programmation et de Programmez !

Programmez

Maître Yoda dirait : intéressante est la réponse !

Mais quelle est donc la question, et bien tout simplement : “François, toi qui est l’un des mieux placé pour parler de l’évolution des langages de programmations sur plusieurs décennies, pour toi quel est l’avenir et l’évolution des langages à 5 ans”.

Sa réponse est en effet très intéressante et démontre une fois de plus l’importante d’asseoir son apprentissage sur les fondamentaux.

NB, concernant les fondamentaux, vous pouvez débuter en suivant la formation gratuite sur l’algorithmique disponible ici (enseignée de façon simple et ludique grâce aux lasagnes à la bolognaise !).

Revenons à nos octets : La réponse de François est : Les valeurs sûres vont être C/C++, Java, C# (notamment lié à l’héritage du parc applicatif). Côté web il est plus réservé car c’est un marché très mouvant. Ce qui est utilisé aujourd’hui ne le sera pas forcément dans 5 ans.

Il faut faire attention entre les buzzwords actuels et les vraies lames de fond

Programmez

À cela il faut ajouter que 80% de la vie d’une application, c’est sa maintenance. Il n’est pas responsable de se laisser bercer par les modes lorsque l’on doit faire des choix applicatifs pour les 5 à 10 prochaines années… Quid des budgets de maintenance, quid des budgets de refonte ? Le client en est-il informé ?

Vous l’avez compris, il peut être dangereux de s’investir ou de partir dans une formation uniquement fondée sur les “buzzwords”, comme il peut être illusoire que l’on fasse du code avec stackoverflow. Il faut comprendre les fondamentaux, les basiques et lire les documentations pour apprendre, le fameux RTFM pour “Read The Fucking Manual” issu du monde unix et de la fameuse commande “man”, hautement symbolique.

Lisez la doc, RTFM, on ne peut pas faire du code avec un stack overflow, non… non.

Dans les mois à venir, le magazine “Programmez!” va s’enrichir de numéros spéciaux pour traiter pleinement plusieurs sujets d’importance, mais continuera de vous apporter les sujets du quotidien, une vision sur les technologies émergentes et les retours d’experts reconnus dans leurs domaines. À suivre en kiosque ou bien via l’abonnement en ligne 🙂

Programmez

Développeur, comment se préparer à l’après-crise ?

Une entreprise prépare l’après crise, elle doit voir au-delà. Si tu ne prépares pas la sortie de la crise, c’est là où tu te plantes.

En tant que personne, si tu es motivé pour changer de vie ou de carrière, c’est la même chose […] il y aura des opportunités, ce sera pas toujours évident […] mais il faut se dire “Qu’est-ce que je peux faire pour se préparer à l’étape suivante […] c’est faire de la veille, c’est se former.

Que dire de plus ? Je partage totalement la vision de François, ce n’est pas facile ni rapide, mais investir en soi est le meilleur investissement que l’on puisse faire. Comme tout investissement, il est important d’être bien accompagné.

Programmez - Photo by Scott Graham on Unsplash

On va s’enfermer dans sa zone de confort […] quand tu es développeur PHP, Java ou C# (ou ce que tu veux) tu vas avoir tendance à ne regarder que ça”

Et c’est bien normal, il est difficile d’élargir son champ de vision mais c’est nécessaire pour ne pas de retrouver isolé dans sa tour d’ivoire, et passer de fait à côté d’opportunités de projets intéressants, d’évolutions de carrière au risque même, de voir son employabilité diminuer fortement avec le temps qui passe…

Sans forcément tout maîtriser (ce qui est impossible pour qui souhaite avoir une vie sociale), développer une curiosité, une ouverture d’esprit c’est également pouvoir apporter des solutions innovantes sur les projets futurs.

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Programmez est construit autour des fondamentaux de la programmation, il tente également l’exercice difficile d’apporter au lecteur une avance de phase, en explorant en amont plusieurs pistes pour tendre vers celles qui vont à terme dessiner le marché de demain, et de facto les opportunités naissantes pour vous permettre d’être sur le haut de la vague.

Les conseils de Programmez !

Un développeur doit s’épanouir dans ce qu’il fait, pour moi c’est avant tout une passion […] Le développeur qui en veut vraiment, qui aime ça, c’est une passionnée, c’est un passionné.

Un développeur il faut qu’il soit curieux […] aujourd’hui on en parle beaucoup parce que c’est le buzz, c’est la mode, parce qu’on a tellement galvaudé le mot Geek, Nerd […] tous ces mots perdent aujourd’hui leur sens premier.

On te dit partout qu’on on manque de développeurs […] on manque de “certains” profils de développeurs

Là aussi il est important d’être claire, il existe plusieurs types de développeurs comme il existe plusieurs types d’électriciens. Rien d’élitiste ou de discriminant dans l’exemple qui va suivre.

Un électricien qui est en capacité d’intervenir dans des installations de centrales nucléaires, demande un niveau de connaissance et de certification pour ce besoin précis, qui n’est pas couvert par la majorité des électriciens qui interviennent sur les installations de particuliers. Le schéma est comparable pour les développeurs ce qui explique la raison d’une pénurie, mais comme le dit François, pas sur tous les profils.

C’est simplement la loi de l’offre et de la demande, plus vous apprendrez et vous familiariserez avec le milieu de développement, et ses codes au sens large, plus vous aurez une vision du marché réel, de ses opportunités et des choix que vous pouvez dès à présent faire pour réussir dans vos projets.

Programmez ! Je ne veux pas que ça s’arrête.

C’est ce que je me suis dit pendant l’interview. Je revoyais des flashs, ces moments assis au bar, le magazine “Programmez !” à la main en rêvant au métier de développeur, tout en posant des questions à François.

C’est un peu comme si un passionné de Formule 1 pouvait parler librement avec Alain Prost, Beaucoup de nostalgie en regardant dans le rétroviseur, mais énormément de plaisir à imaginer le futur, ensemble en regardant dans la même direction.

Programmez - Photo by Nathan Dumlao on Unsplash

François, petit message personnel car je sais que tu liras ces lignes :

Merci pour ce moment passé ensemble, merci d’avoir réalisé le rêve de cet adolescent que j’étais, d’avoir partagé avec moi sans le savoir ses années de créativités, de projets, de passion et de m’avoir insufflé cette envie de transmettre. Je serai heureux de pouvoir partager avec toi un café, celui que j’ai tant de fois savouré en te lisant, le coude posé au comptoir de mon enfance, en toute amitié.

A très bientôt François, et merci d’être là.

Nicolas.

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